Dis-moi qui tu es, je te dirai qui je suis... Je crois que cela s'appelle, présentation?

Ce besoin omniprésent de coucher ses mots sur du papier.
Les mots assiègent mon esprit au fil des jours tandis que je me perds dans ce monde trop grand pour moi.

Considérez ce blog comme un remède, une médecine douce pour apaisez mes maux.

Bric à brac de mes écrits.

Ils sont une drogue. Bienvenue à la première réunion des Ecrivains Anonymes.

Et toi, confie-moi tes maux les plus fous...*



Dis-moi qui tu es, je te dirai qui je suis... Je crois que cela s'appelle, présentation?

# Posté le lundi 12 mai 2008 04:20

Modifié le samedi 07 février 2009 15:32

01. Dans la Nuit _*

 01. Dans la Nuit _*

Il fait nuit à présent. Le peu de lumière éclairant cette avenue provient des quelques lampadaires installés par le gouvernement pour se donner un semblant de citoyenneté. Quoi qu'il en soit le décor est sombre et lugubre, impossible donc de distinguer cette silhouette filiforme déambulant dans les rues de notre chère Bruxelles. Elle marche sans but précis, tête baissée, les yeux rivés sur le tarmac.

Qui est-elle ? Pour ainsi dire, personne.
Depuis combien de temps marche-t-elle ainsi ? Peu importe, le temps s'est arrêté il y a bien longtemps pour cette belle inconnue.

Une adolescente paumée dans un monde de brutes, voilà ce qu'elle est. Ni plus, ni moins. Juste ça.
Comme chaque nuit elle prend place sur ce petit muret et contemple le bâtiment lui faisant face, elle l'admire et s'en émerveille. C'en est presque touchant. Touchant, bien qu'elle exècre ce mot comme toute autre forme de sentiments elle juge cet hôtel suffisamment somptueux que pour lui attribuer cet adjectif. Ne vous y méprenez pas, son c½ur en est toujours aussi mort. Mort de chagrin probablement, elle ne s'en souvient plus ; son cerveau est parvenu à tout effacer de sa mémoire. Désormais elle est une âme en peine à la recherche d'un semblant de vie et de renouveau.
Si elle avait su que cette nuit serait à ce point différente, peut-être aurait-elle fait exception à la règle et choisit de s'enfermer dans ces draps refroidis par un c½ur glacé. A croire que le destin en a décidé autrement, car elle est là. Combien de clopes a-t-elle déjà grillées ? Cinq, six ? Peu importe, au pire elle mourra prématurément d'un cancer du poumon.

Son regard est soudain attiré par un lueur rougeâtre brillant à l'une des fenêtres. Jamais auparavant elle n'avait perçu signe de vie dans hôtel. Elle n'est pas bête vous savez, elle sait que celui-ci abrite des célébrités mais le peu de naïveté qu'il lui reste se plaît à croire qu'elle est l'unique insomniaque de la ville.
Lui, provient d'ailleurs mais ça, elle l'ignore encore. Sa curiosité attisée, elle ne peut détourner le regard de cette ombre se dessinant devant elle. Ses yeux s'accommodent vite à l'obscurité, ce petit point rouge n'est autre qu'une cigarette allumée. Cela leur fait un deuxième point commun, ils fument. Elle aspire une nouvelle bouffée et se concentre : des traits fins mais certainement masculins, un torse nu. Il est un homme, elle en a la certitude. Il ne l'a pas remarquée, son immense discrétion la camouflant. Elle l'observe donc, étudie le moindre de ses gestes et s'en imprègne. C'est idiot j'en conviens mais une sorte de bien être l'envahit, pour une fois elle n'est pas seule dans la nuit. Cela la réconforte.
Durant une heure elle apaise ses maux à travers ce mystérieux personnage. Visiblement la santé de ses poumons ne le tracasse pas plus que ça. Troisième similitude.

A lui aussi, la solitude lui pèse. Elle est un fardeau qu'il supporte jour après jour, sans jamais broncher. Il parcourt les rues à la poursuite du succès, de la gloire et du fric. Amour, gloire et beauté ; foutaise ouais. Il souhaite tout envoyer en l'air, tout abandonner et s'enfuir loin. Très loin.
C'est pourquoi chaque nuit il noie sa tristesse dans le ciel étoilé. Le ciel est toujours identique, l'hôtel par contre varie de jour en jour. Paris, Londres, Milan, Berlin, aujourd'hui Bruxelles et demain, qui sait ? La rançon de la gloire, il la déteste.
Son regard est soudain attiré par une lueur rougeâtre brillant au devant de l'hôtel. Jamais auparavant il n'avait perçu signe de vie dans les rues à une heure pareille. Il n'est pas bête vous savez, il sait que celles-ci sont toujours animées mais le peu de naïveté qu'il lui reste se plaît à croire qu'il est l'unique insomniaque de la ville.

Leurs regards se croisent. Puis-je affirmer qu'ils se regardent vraiment puisqu'il fait nuit noire ? Quoi qu'il en soit ils ressentent la présence de l'autre autour d'eux. Leur échange se prolonge, impossible de décrire ce regard tant il est empli d'émotions multiples. Dans un même geste ils tirent une dernière bouffée et écrasent leur cigarette.

Le contact est rompu.

Elle angoisse à nouveau, son unique vision de bonheur venant d'être engloutie par le néant.
Elle se lève précipitamment, bouleversée. Nouveau mot dans son vocabulaire, cette nuit n'est décidément pas comparable aux précédentes...
Et alors que ses pas la guident instinctivement vers la cours intérieure de l'hôtel, ses pas à lui l'amènent à la porte qu'il ouvre d'un geste brusque. Un bruit l'alerte, elle lève les yeux vers ces dizaines de portes constituant l'enceinte de la cour lorsqu'elle l'aperçoit enfin. Il est là.
Ils tremblent simultanément lorsque le contact visuel est rétablit. Elle ose un pas vers l'escalier et le grimpe doucement, la peur atrophiant ses muscles. Elle manque de s'effondrer tant la peur a pris possession de son corps. Il attend. Il sait qu'elle est différente, il en a la certitude. Les quelques mètres qui les séparent encore leur paraissent interminables, dans le fond peut-être se sont-ils toujours chercher sans jamais vraiment parvenir à se trouver.
Ils se font face à présent et un léger sourire se dessine sur ses lèvres, le premier depuis des mois. Elle avance timidement vers lui tandis qu'il recule de manière à fermer la porte derrière eux. Ils sont réunis, enfin. Les mots leur font défaut, ils n'en ont pas besoin. Il entoure son doux visage de ses grandes mains et se rapproche lentement de celui-ci. Leurs lèvres entrent en contact après quelques secondes qui semblent avoir durées une éternité. Ils s'embrassent.
Me voilà obligée de m'exprimer au pluriel car leurs deux personnes sont désormais indissociables.

Vous croyez au coup de foudre vous ? Eux n'y croyaient pas avant cette fameuse nuit...
Deux êtres complémentaires destinés à s'aimer, voilà ce qu'il sont.
Ils s'aimeront passionnément, patiemment, doucement, ardemment, tendrement, amoureusement mais ils s'aimeront quoi qu'il advienne.
Elle envoie se faire foutre ses principes à la con, ces mots sont désormais à inclure dans son vocabulaire. Car il l'a ressuscitée.

A force de haïr les sentiments, elle en aura trouvé le prince charmant.*



Caroline. [13 Mai 2008]


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Première One-shot. Soyez indulgents =).
Que chacun s'imagine qui il voudra dans le rôle de ces deux personnages, j'ai préféré ne pas leur donner de nom pour cette raison.
Moi, je voyais Tom... Pourquoi? Si seulement je le savais.

A bientôt.*

# Posté le jeudi 15 mai 2008 16:52